Mairie en ligne
Peut-on être indemnisé pour détention ou assignation à résidence injustifiée ?
Oui. La personne ayant fait l'objet d'une détention provisoire ou d'une assignation à résidence et qui n'a pas été finalement condamnée peut demander une indemnisation.
Qui est concerné ?
S'il y a eu un procès
Les personnes concernées sont celles qui ont subi lors de l'enquête précédant le procès :
-
une détention provisoire
-
ou une assignation à résidence.
Et qui ont finalement bénéficié :
-
d'une relaxe
-
ou d'un acquittement.
L'indemnisation peut aussi être demandée par une personne condamnée puis reconnue innocente suite à un recours en révision.
L'indemnisation est exclue dans plusieurs cas, notamment lorsque :
-
l'absence de condamnation a pour seul fondement la reconnaissance de l'irresponsabilité d'une personne pour cause de trouble psychique,
-
la personne s'est volontairement accusée ou laissée accuser à tort, en vue de faire échapper aux poursuites le véritable auteur des faits.
Absence de procès
Les personnes concernées sont celles qui ont subi une détention provisoire (particuliers) (ou une assignation à résidence (particuliers)) et qui ont bénéficié d'un non-lieu après l'enquête d'un juge d'instruction.
L'indemnisation est exclue lorsque la personne s'est volontairement accusée ou laissée accuser à tort, en vue de faire échapper aux poursuites le véritable auteur des faits.
À savoir
il n'est pas possible d'obtenir une indemnisation après une garde à vue, même si aucune charge n'a été retenue en fin de compte.
Procédure
L'indemnité est allouée par le premier président de la Cour d'appel dont dépend le tribunal ou le juge qui a été prononcé la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement.
Cour d'appel
cour_appelIl doit être saisi par voie de requête dans les 6 mois. Il doit indiquer dans sa décision les raisons qui les motifs sur lesquels il s'est basé pour statuer.
Il est possible de demander l'aide d'un avocat.
Avocat
avocat_conseil_nationalIndemnisation
L'indemnité versée tend à réparer le préjudice matériel (perte de salaire...) et moral (éloignement de la famille...) que la personne a subi durant sa privation de liberté.
La personne concernée peut demander une réparation intégrale de son préjudice.
Elle peut solliciter une expertise judiciaire (particuliers) pour évaluer le préjudice auprès du premier président de la Cour d'appel compétent pour traiter la demande d'indemnisation.
Elle peut aussi contacter directement un expert, inscrit ou non sur la liste nationale établie par la Cour de cassation ou une des listes établies par les Cours d'appel. Si l'expert n'est pas inscrit sur une liste, il devra prêter serment devant le juge durant son audition.
Expert judiciaire
Recours
La décision prise par le premier président de la Cour d'appel peut, dans les 10 jours de sa notification, faire l'objet d'un recours devant la commission nationale de réparation des détentions placée auprès de la Cour de cassation. Le recours peut être introduit par les parties au litige, à savoir le justiciable et l’État.
Cour de cassation
Cette commission statue souverainement : sa décision ne peut faire l'objet d'aucun recours.
Pour en savoir plus
-
La réparation de la détention provisoire
Cour de cassation
Voir aussi...
-
Détention provisoire (particuliers)
Références
-
Code de procédure pénale : articles 149 à 150
Réparation à raison d'une détention
-
Code de procédure pénale : articles R26 à R40-3
Demande d'indemnisation
-
Code de procédure pénale : articles 622 à 626-1
Demande en révision